Interview de Condie Raïs!

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Et me revoilà une avec un interview de Condie Raïs, auteure que j’ai pu découvrir via un partenariat sur Livraddict!
J’ai donc pu découvrir C2H402, un livre très frais et vraiment très originale.
Ma chronique est par ici si cela vous dit!
– Présentez vous un peu.
Eh bien je partage mon temps entre mes chats, le vin blanc d’Australie – quoi que j’ai récemment découvert d’excellents cépages en Nouvelle-Zélande – et l’écriture… Je vis seule dans un vieil appartement parisien depuis quelques décennies et pour mes loisirs, j’écoute effectivement Chopin, Bach et les Rolling Stones. Et David Bowie… Je ne sors pas et je ne lis plus depuis la mort de Bukowski. Sauf Philippe Djian, Michel Houellebecq et Brett Easton Ellis.
– Pourquoi avoir voulu écrire ?
Parce qu’on ne peut pas picoler tout le temps… Non, sans rire, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit. J’ai beaucoup publié aussi, mais jamais dans le domaine de la fiction pour le moment. Je ne me prends pas du tout au sérieux, mais écrire, c’est sérieux, c’est beaucoup de travail même si le lecteur ne doit jamais s’en rendre compte. je vais vous faire une confidence, j’estime que je suis encore en train d’apprendre à écrire…
– Comment écrivez vous ? Comment vous vient l’inspiration ?
L’inspiration et l’écriture sont pour moi deux choses différentes. L’inspiration, c’est la rencontre improbable entre deux choses qui vous passent par la tête et qui se percutent. Que ferait John Wayne s’il était dans ma situation ? Qu’est-ce que je ferais si j’avais le pouvoir de vie ou de mort sur les gens ? Et si ma voisine du dessus était morte, mais qu’elle ne le savait pas et que je la croisais tous les jours comme si de rien n’était ? Voyez, ce genre de trucs qui vous tombe dessus lorsque votre esprit vagabonde… Après, écrire, c’est autre chose, c’est du boulot, de la mise en forme, du sang, de la sueur et des larmes comme dirait Churchill…
– Un conseil à donner à une personne voulant écrire mais qui hésite encore ?
Il y a un dicton chinois qui dit : « Assis, sois assis. Debout, marche ! » – je cite de mémoire, pardonnez-moi. Qu’il s’y mette ou qu’il oublie ça, donc. Si quelqu’un veut écrire, qu’il s’oblige à poser les fesses sur une chaise et à pondre quelques feuillets par jour, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse beau. Quitte à tout jeter le lendemain et à recommencer. Si on n’est pas prêt à faire ça, il vaut mieux s’abstenir.
– Fin d’année dernière, j’ai pu découvrir C2H402. Pourquoi ce titre ? Qui je dois le dire fait très scientifique ! J’ai eu des membres de la blogosphère qui m’ont fait la remarque!
Ce n’est pas scientifique du tout, je vais vous décevoir jeune fille ! Quand j’ai fait lire les premières nouvelles, je n’avais pas d’idée de titre en tête. Et puis quelqu’un m’a dit : « C’est noir, c’est drôle… C’est… Euh… Comment dire ? C’est acide… » Le mot « acide » m’a plu, ça correspondait bien à ce que j’avais en tête en écrivant. Alors j’ai cherché des titres en rapport avec l’acide. Et je suis tombée par hasard sur la formule chimique de l’alcool. Comme j’étais en plein dans l’histoire de Condie Raïs qui picole comme un trou, ça m’a plu, j’ai trouvé ça marrant. C’est aussi bête que ça…
– Pourquoi avoir coupé le livre en huit nouvelles?
Ben parce que j’en avais huit… Ça va comme réponse ? J’ai été bonne là ?
– Bon, comme vous le savez, j’ai adoré découvrir ce livre et j’ai vraiment été étonné que vous vous mettiez en scène. Quel est la part de réalité sur le personnage que j’ai pu découvrir?
Votre réaction m’a fait très plaisir. J’en profite pour vous remercier à nouveau. Parce que des blogueurs qui acceptent de lire et chroniquer un auteur autoédité en format numérique, il n’y en a pas des masses. La plupart préfèrent rédiger le trois mille huit-centième billet sur le dernier J. K. Rowling ou sur Fifty Shades… Tiens, je sens que je vais me faire des potes, là… Hé hé… Bref, votre question c’était ? Ah oui, la part de réalité de Condie Raïs… Il y en a une, en effet. Mais si vous mélangez Condie Raïs, le cinglé qui aime John Wayne, le pauvre type qui n’arrive pas à écrire, la fille qui n’en peut plus des romans à la con, etc., vous vous approchez plus de ma réalité. C’est un peu bateau comme réponse, j’en suis consciente. Je suis désolée.
– Votre écriture est pleine d’humour et j’ai vraiment apprécié. Comment faites vous pour captiver autant le lecteur ? Comment ponctuer vous votre humour ?
Merci, merci, vous êtes trop gentille… Alors ça, mademoiselle, c’est le travail de toute une vie dédiée à lire et à dire des conneries ! Bon sérieusement, c’est mon humour, c’est tout, je ne saurais pas l’expliquer. Dans Pars vite et ne reviens pas trop tard…, le gars essaie en vain d’écrire un roman sentimental, mais ça part dans n’importe quel sens, il n’y arrive pas… C’est très autobiographique, ça voyez-vous… J’aimerais avoir du succès avec une histoire sentimentale, ou un machin érotique, quelque chose de commercial. J’ai essayé – mais ne le dites à personne, hein… Eh bien à chaque fois, ça explose tout seul, parce que c’est trop tentant de faire dynamiter le machin en vol, parce qu’une idée saugrenue me traverse forcément l’esprit et que c’est plus fort que moi…
– Je sais que vous avez écris une nouvelle nouvelle, Unga Bunga (que j’ai pas encore lu). Pouvez vous la présenter ?
En surface, c’est juste l’histoire d’un jeune anthropologue naïf qui idéalise les peuples primitifs et se fait plumer – et plus si affinités – lorsqu’il les rencontre. Il est très con et ça m’a bien amusé de lui faire subir les pires outrages… Bon derrière, il y a une méchante charge de ma part contre le relativisme, l’idée selon laquelle tout se vaut ici-bas, que telle ou telle coutume ancestrale mérite d’être préservée parce que c’est une coutume et qu’elle est ancestrale. C’est une idée bien ancrée dans l’air du temps ça, et comme beaucoup d’idées dans l’air du temps, ça m’agace. Ça me fait penser à la corrida, tenez. Je ne vais pas me faire que des copains, mais je m’en fous, j’ai bien envie d’écrire un truc sur la corrida… La corrida, c’est ancestral, c’est un art, c’est une culture, c’est la haute expression du courage viril et du respect entre l’homme et le taureau ? Bullshit ! La corrida, pour moi, c’est juste un truc barbare qui fait qu’une foule s’autorise à s’extasier devant un carnage. Les femmes mouillent leur petite culotte et les hommes hurlent parce qu’il y a du sang et une mise à mort. et qu’on ne vienne pas me bassiner avec des histoires d’art et de traditions. Les traditions comme ça, je ne suis pas fâchée de les voir disparaître… Bon, je me calme, je me calme…
– Etes vous entrain d’écrire un autre livre ? Si oui, pouvez vous nous en parler ?
Oui, sous la pression insistante de nombreux lecteurs (deux, si j’ai bien compté), Pars vite… et Harcèlement sont en train de devenir un roman. Et Condie Raïs sera aux manettes. Mais c’est loin d’être fini et j’ai tellement de choses à faire d’ici là, qui n’ont rien à voir avec l’écriture… Bref, que personne ne s’impatiente, d’accord ?
– Vous vous êtes auto-publié. Vous avez préféré opter pour ce choix ou les maisons d’éditions n’étaient pas intéressées ? Comment avez vous fait pour vous auto-publier ?
Je n’ai pas envoyé mes nouvelles. Je connais bien l’édition. Les nouvelles d’une auteure inconnue ont à peu près autant de chance d’être publiées qu’il existe une possibilité pour que Christine Angot écrive À la recherche du temps perdu… Sans compter que les nouvelles de C2H4O2 n’ont pas d’unité, de fil conducteur, si ce n’est le style, peut-être… Mais votre question est amusante, plusieurs personnes m’ont conseillé de les envoyer à une maison d’édition, alors je vais peut-être y songer, sans trop y croire. Pour m’autopublier, c’est facile, j’ai suivi les instructions d’Amazon pour le kindle. Non sans difficultés.
– Vous écrivez certes, mais est-ce que vous lisez ? SI oui, expliquez nous la lectrice que vous êtes.
Je fus une lectrice boulimique. J’ai lu beaucoup, de tout, tout le temps, mes bouquins tapissent les murs de mon appartement. J’ai moins de temps depuis quelques années. Je lis très peu de fiction et beaucoup d’histoire et de géopolitique. L’été prochain, je compte relire tout Céline et les Mémoires de Casanova. Sauf si je dois le passer à écrire quelque chose pour mon boulot…
– Vous voulez encore dire quelque chose ? Sur tout et n’importe quoi ?
Euh… Voyons… Oui, je sais ! David Bowie sort un nouvel album en mars, et ça, c’est la preuve définitive que Dieu existe. Je n’y croyais plus. J’en ai les larmes aux yeux…
– Je vous remercie beaucoup de m’avoir consacré du temps pour cette interview.
Merci à vous pour m’avoir supportée et pour votre gentillesse ! Et surtout, continuez à lire de bons bouquins et à faire vivre l’espace de liberté qu’est la blogosphère !
Quelques liens utiles pour suivre Condie Raïs :
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10 réflexions sur “Interview de Condie Raïs!

  1. Elodie / Lavinia dit :

    Bon, dès qu’il y a Condïe sur une page je me retrouve avec un sourire énorme sur le visage. Et là, franchement, le faire à 9h du matin c’était pas gagné. (Je suis pas vraiment du matin.)

    Merci Condïe et vive le vin blanc. (Très bon, l’australien.)

  2. Condie dit :

    Vous êtes sympa toutes les deux… Mais Condie est une vieille dame, mal embouchée, alcoolo et en plus, elle est nulle… Elle ne sait même pas sur quel bouton cliquer sur la page facebook de quelqu’un à qui elle voudrait rendre son « j’aime »… Je trouve ça pathétique, moi… Elle finira vieille fille, je vous le dis, moi ! On la mettra dans une maison de retraite avec Christine Angot, tiens…

  3. Condie dit :

    Ouais ! Je veux bien un coup de main pour faire disparaître Facebook de la surface de la planète, qu’on puisse boire un verre de Sauvignon tranquillement ! Non mais…

  4. Condie dit :

    Dites, un verre de rose déguste avec un papa, c’est quand même un truc qui se rapproche sérieusement du bonheur, non ? Enfin c’est ce qu’il me semble…

  5. Condie dit :

    Ça a été écrit pour…
    Mais je suis surtout contente pour vous, vos parents, ces moments précieux… Bon, j’arrête, on va penser que j’ai un cœur, que je suis sensible… Faudrait pas… Amusez-vous bien !

    • sevmarguerite dit :

      Je me demandais ce que pouvait signifier le titre, j’ai la réponse 😉

      Ah Ben les parents s’est sacré 😦 et on avait des choses a fêter, on va dire!!!

      Mais oui, vous avez quand même un cœur, la preuve.

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